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L'équipe Wild-Touch : portrait d'Antoine Barbaroux, chargé de production

7 septembre 2015

Antoine Barbaroux est chargé de production. Il a participé à l’organisation et à la production des contenus audiovisuels du méta-projet La Glace et le Ciel.

Peux-tu nous présenter ton métier ?

Je suis chargé de production audiovisuelle et cinéma. Je m’occupe de la gestion financière de Wild-Touch production. Je supervise la production de contenu des différents projets pour m’assurer que les budgets sont cohérents, qu’ils sont suivis et respectés afin de rester dans les fenêtres financières qu’on s’est fixées.

J’aide aussi à l’organisation et à la logistique des tournages, par exemple réserver les billets d’avion, les logements et les transports des équipes de tournage sur les différents décors où l’on a besoin de tourner, etc…

Je touche peu au côté artistique pur mais de façon indirecte je m’implique puisque c’est moi qui vais surtout dire quelles seront les idées réalisables et ce qui est exclu d’office selon les budgets. C’est clair que lorsqu’on a des petits budgets, on exclut d’office des prises de vue très lourdes comme des prises de vue en aériennes, des drônes car ça coûte très cher. J’essaye de trouver des astuces et des solutions pour permettre de faire de beaux films même lorsque les budgets sont un peu serrés.

Je travaille avec le reste des équipes de la production, Vincent le producteur, Arnaud le directeur de production et Anna notre stagiaire. On s’occupe donc de toute la dimension production audiovisuelle chez Wild-Touch. Je suis chargé du pilotage financier de la société pour qu’on puisse avoir une vision long terme.

Par ailleurs tu as ta propre société de production

En effet, je travaillais à plein temps chez Wild-Touch quand il y avait beaucoup de tournages en cours mais maintenant je suis passé à mi-temps puisque la plupart des tournages sont finis, en tout cas sur le projet La Glace et le Ciel. L’autre partie de mon temps je dirige une petite société de production avec Arnaud, directeur de production aussi chez Wild-Touch, qui s’appelle Along Production. On fait du film institutionnel et un peu de cinéma de genre dans un domaine très différent de Wild-Touch.

Chez Along production c’est différent puisque je suis producteur donc je m’implique plus dans les projets, je les choisis, la façon dont on va les mener etc … Je suis beaucoup plus impliqué dans la partie créative du projet, et surtout je supervise financièrement toute la structure, donc les orientations de film qu’on prend en concertation avec Arnaud.

Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?

Être méticuleux et organisé, ne pas par avoir peur des chiffres, être à l’aise avec la gestion financière, savoir gérer la trésorerie, faire des projections financières...

Et puis évidemment être assez familier avec l’univers de la production audiovisuelle, avoir une connaissance du terrain et des contingences techniques de tournages et du matériel. Pour organiser un tournage il faut d’abord savoir comment celui-ci fonctionne. Enfin, être cohérent financièrement, par exemple, savoir que tourner à la montagne avec un drône ça prend du temps.

Qu’est ce qui te passionne dans ce métier ?

Ce qui m’a toujours passionné c’est avant tout de réaliser des films, n’importe quel genre de film : documentaire, fiction, programme long, programme court, l’important c’est de produire des films de qualité, qui plairont aux gens.

Cette passion se traduit aussi par la chance de pouvoir travailler sur des projets ambitieux et exaltants comme ceux de Wild-Touch avec des expéditions en Antarctique, etc… En production c’est beaucoup de travail mais c’est intéressant puisque ce sont des contextes qu’on rencontre rarement. C’est surtout ça qui me passionne, c’est de pouvoir m’investir sur ce genre de projets et me dire que j’ai pu y participer, si modestement soit-il.

Medium antoine

Que représente Wild-Touch pour toi ?

Un mix entre une association et une société de production. Cela permet d’avoir un vivier créatif fort pour l’écriture et la création de projet. Wild-Touch c’est aussi un vrai savoir faire dans la réalisation de films sur la nature et l’environnement dans des milieux un peu extrême, type l’Antarctique.

Il existe peu de société de production dans le monde qui possède une telle expertise puisque ce sont souvent des conditions de tournages très difficiles. Les techniciens capables de travailler dans ces conditions sont peu nombreux et très prisés.

Peux-tu nous parler du méta-projet La Glace et le Ciel ?

Un projet très ambitieux de sensibilisation sur la problématique du réchauffement climatique. Son originalité passe par son caractère multimédia qui va du film aux vidéos pédagogiques, un site web interactif, des événements qui vont être organisés pendant la COP. Un projet assez exaltant.

Si on était venu te voir, en tant que producteur, avec un tel projet, qu’en aurais-tu pensé ?

Je n’y aurai pas cru. Mais maintenant qu’on commence à voir le projet exister à Wild-Touch, cela me montre que c’est possible. Ce sont des projets ambitieux quand on sait à quel point c’est déjà dur de monter un film alors en plus développer un programme pédagogique, un documentaire télé, un espace collaboratif de création artistique Wild-Touch Lab et un projet de deux expéditions aux pôles c’est très courageux. Pour le moment c'est plutôt couronné de succès.

Quelle est ton rapport à la nature, l’environnement ?

Je n’ai jamais été un très grand défenseur de la nature même si je me sens concerné par ces questions étant donné la situation actuelle. C’est notre survie, d’ici la fin siècle si rien n’est fait au niveau mondial, qui est en jeu.

Les projets de Wild-Touch m’ont beaucoup appris sur ces questions notamment avec le documentaire télé Les Enfants de l’Anthropocène, grâce aux auteurs du projet. En particulier sur le débat environnemental lui-même, les questions philosophiques qu’il y a derrière, le modèle de société économique qu’on veut et jusqu'où on est prêt à aller pour avoir ce modèle là. Cela pose des questions de société passionnantes, sur la limitation des ressources naturelles, une meilleure répartition de ces mêmes ressources entre les populations et les classes sociales etc ...

C’est quelque chose à laquelle j’ai été assez sensible mais je n’ai jamais mené d’action politique par rapport à ça. Pour le moment l’écologie se limite à des actions citoyennes de tous les jours, économiser l’énergie, ne pas surconsommer...

Un petit mot sur la COP21?

J'espère qu’elle sera fructueuse, que tous les projets développés avec Wild-Touch pour cet événement auront un impact sur le regard que les gens porteront sur le réchauffement climatique. Je pense que c’est le plus important aujourd’hui, d’arriver à faire comprendre cette urgence climatique qui se pose.

En tant que citoyen, je suis plutôt pessimiste sur l’événement en lui-même, sur les débats politiques souvent stériles. Ce qui sera important, c’est que les gens prennent conscience qu’il ne faut plus laisser ces questions en suspend, dans les mains de décideurs politiques qui n’ont pas forcément intérêt à donner une réponse utile à l'intérêt général.

Et demain tu fais quoi?

Pour le moment je continue chez Wild-Touch sur l’organisation de l’expédition en Antarctique, ce qui va être passionnant. Du côté de chez Along Production, des films sont en train de se lancer, on a surtout un projet de long métrage, un film d’horreur qu’on espère faire aboutir mais ça va prendre sans doute une bonne année pour être finalisé.

Quel endroit du monde t’a le plus époustouflé ?

La Turquie, l’un de mes plus beaux voyages avec l’un des paysages qui m’a le plus fasciné, la Cappadoce. Une région assez incroyable et surréaliste qui restera gravé dans ma mémoire à jamais. Un lieu qui j'espère restera intact pendant longtemps.