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Photo : Micheline Pelletier

L'équipe Wild-Touch : portrait de Jérôme Krowicki, chef décorateur

15 juillet 2015

Jérôme Krowicki est chef décorateur et chef constructeur dans le cinéma depuis plus de 30 ans. Il a travaillé sur des films comme "De Rouille et d’Os" de Jacques Audiard, "Amour" de Michael Haneke, "Le Transporteur 3" de Olivier Megaton, "Himalaya l’enfance d’un chef" de Éric Valli, "Innocents" de Bertolucci…

Après une première collaboration avec Wild-Touch sur le film "Il Était une Forêt", il a fait partie des équipes de Luc Jacquet sur le tournage de "La Glace et le Ciel". Aujourd’hui il nous fait découvrir son métier.

Medium jk 1Sur le tournage d'Il Était une Forêt

Bonjour Jérôme, peux-tu nous décrire ton métier ?

Je réalise la décoration et les effets spéciaux sur des tournages de cinéma. Dans la décoration, j’exerce à peu près tous les corps de métiers : travailler le bois, le métal, le plastique, les fils de nylon, les élastiques, faire de la peinture, etc...

Et que fais-tu exactement quand tu travailles pour un réalisateur ?

Depuis 35 ans c’est différent. Par exemple mes dernières réalisations pour Wild-Touch étaient des boîtes lumineuses pour l’exposition photographique de Jérôme Bouvier, ainsi que la reconstitution du laboratoire du glaciologue Claude Lorius. C'était la première fois que je devais monter un laboratoire aussi sophistiqué.

Dans mon métier, Il faut savoir tout faire puisque la demande est différente à chaque film. Je ne fais quasiment jamais fait deux fois la même chose, c’est l’un des attraits du métier, c’est ce qui me plaît, le challenge. À tel point que je rechigne à travailler sur quelque chose que j’ai déjà fait, parce que cela me parait du coup fastidieux. Quand il y a quelque chose que tu n’as jamais fabriqué, tu appréhendes moins l’ampleur de la tâche. Alors que quand tu l’as déjà réalisé, tu sais à quel point cela va être long, toutes tes soirées et les week-ends que tu vas y passer.

Il faut aussi pouvoir passer d’un métier à l’autre du jour au lendemain et apprendre rapidement les corps de métiers dont tu as besoin pour respecter les délais de livraison, qui sont toujours trop courts. Il faut coûte que coûte être prêt le jour du tournage puisque sur les grosses productions il peut y avoir plus de 70 personnes de mobilisées pour filmer ce que tu as fabriqué depuis une semaine. Donc tu ne peux pas échouer.

Qu’est ce qui t’a amené à devenir chef décorateur et constructeur ?

Au début j’étais menuisier et dessinateur industriel puis un jour j’ai rencontré un copain d’école qui travaillait à l'Opéra de Paris et m’a convaincu de le rejoindre. J’ai alors commencé à travailler dans le théâtre pendant quatre, cinq ans. Ce qui m’a aidé c’est d’avoir à la base un métier rigoureux, qui m’a permis de m’adapter à plein de situations. Quand j’ai commencé à fabriquer des décors cela m’a paru facile, quand on est menuisier construire un décor ce n’est pas très compliqué, ce n’est pas forcément de la vrai menuiserie. Tout est dans l’apparence et le provisoire puisque le décor on le casse au bout d’une semaine, il y a pas de durée dans le temps.

Tu formes des jeunes à ton métier ?

Oui j’ai des jeunes qui m’aident, des petits assistants, qui apprennent sur le tas comme moi j’ai un peu appris.

Medium jk3Photo : Micheline Pelletier

Quel est ton lien avec Wild-Touch ?

C’est avant tout mon travail sur les films de Luc Jacquet, "Il Était une Forêt” et “La Glace et le Ciel”. Mais aujourd’hui c’est aussi ma collaboration avec l’association, avec qui j’ai travaillé dans le cadre de l’aménagement du Wild-Touch Lab.

Wild-Touch c’est une découverte formidable. Moi d’habitude, je fais des téléfilms, des fictions où il n’y a pas tout le coté scientifique que l’on retrouve dans les projets Wild-Touch. Ce que j’ai fait pour Luc Jacquet c’est passionnant, je me suis toujours intéressé à la science, j'espère que ça va continuer, que ça va marcher et qu’on fera encore pleins de beaux projets.

Un petit mot sur COP21 qui se déroulera en décembre à Paris ?

J'espère que le film “La Glace et Le Ciel” participera à sensibiliser les gens autour de la problématique du réchauffement climatique.

Medium jk5Photo : Micheline Pelletier

Quel endroit du monde t’a le plus époustouflé ?

Ce n’est pas forcément via le cinéma, c’était lors d’une expédition de spéléologie en Australie avec des copains. On a battu le record du monde d’exploration souterraine dans une grotte noyée. On a nagé sous terre pendant 5km dans un siphon. Nous avons ainsi battu le précédent record du monde de 3.5km, détenu par des australiens. Pour le plaisir du challenge !

Medium jk6Photo : Micheline Pelletier